Guide de l’île
Les moulins de Marie-Galante
On appelle Marie-Galante « l’île aux cent moulins » parce qu’elle en comptait 105 en 1830, au plus fort de l’économie sucrière ; 72 tours de pierre sont encore debout dans les champs de canne. Pour en voir une de près, allez à l’habitation Murat, à Grand-Bourg, ou à la distillerie Bellevue, à un quart d’heure de la villa, dont le moulin de 1821 a été restauré.

Cent moulins, vraiment ?
Presque. En 1830, l’île comptait 105 moulins à sucre, mais plus de la moitié tournaient encore à la force des bœufs. Les moulins à vent, apparus vers 1780, se sont multipliés entre 1815 et 1835, quand le sucre se vendait bien. D’après les historiens, ils n’ont jamais été cent à la fois : 78 au plus, vers 1835-1840.

Comment marchait un moulin
Une tour de pierre légèrement conique, haute de six à neuf mètres, coiffée d’un toit pointu couvert d’essentes, des tuiles de bois. Ce toit pivote : une longue queue de bois descend jusqu’au sol, et quelques hommes la poussent pour mettre les ailes face au vent. L’axe entraîne trois cylindres, les rolles, entre lesquels on glisse les cannes ; le jus, appelé vesou, s’écoule vers les chaudières de la sucrerie. Jusqu’à l’abolition de 1848, ce travail était celui des esclaves.
L’habitation Murat, à Grand-Bourg
C’est le site le plus complet. Dominique Murat achète le domaine en 1807 ; son fils y élève le moulin, daté de 1814, puis une maison de maître néoclassique que l’on appelle encore « le château ». En 1839, 307 personnes y étaient réduites en esclavage : c’était l’une des plus grandes habitations sucrières de la Guadeloupe. Depuis 1979, le Département y tient l’écomusée de Marie-Galante : la tour du moulin, classée monument historique, les ruines de la sucrerie, une exposition dans la maison de maître et un jardin de plantes médicinales.
Le moulin de Bézard, à Capesterre
Il se trouve à un kilomètre de la distillerie Bellevue. Bâti vers 1840, il broyait la canne avec trois cylindres de fonte placés hors de la tour, une disposition peu courante. Arrêté vers 1920, privé de son toit et de ses ailes par le cyclone de 1956, il est inscrit aux monuments historiques depuis 1979 et a été restauré une première fois au milieu des années 1990, par un chantier-école. Laissé ensuite sans entretien, il fait l’objet d’une nouvelle restauration : l’office de tourisme annonce sa réouverture pour novembre 2026 (fiche de l’office de tourisme).
Autres tours, autres ruines
À la distillerie Bellevue, le moulin de 1821 se visite librement, le matin. À la sortie de Grand-Bourg vers Saint-Louis, l’habitation Roussel-Trianon réunit un moulin de 1800, de grandes écuries de pierre et la cheminée d’une usine à vapeur : des ruines classées, en accès libre. Ailleurs, des tours envahies par la végétation jalonnent les routes de l’intérieur.
Du moulin à l’usine
La vapeur a condamné les moulins. L’usine de Grande-Anse, fondée en 1845, a pris le relais ; le dernier moulin à vent de l’île, celui de Grand-Pierre, s’est arrêté en 1941, et Grande-Anse est depuis 1959 la seule sucrerie de Marie-Galante. La canne, elle, n’a pas quitté le paysage : elle couvre encore plus de 2 000 hectares et alimente les trois distilleries de l’île.
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Les falaises du nord
Gueule Grand Gouffre, Caye Plate et les sentiers du littoral, avec les précautions à prendre.

Les distilleries
Bellevue, Bielle, Père Labat : trois visites gratuites, le matin, et un rhum à 59°.

Le marché de Grand-Bourg
Le samedi matin sur la place de l’église : fruits, épices, cassaves ; le poisson sur le port, tous les jours.
Sources
- Ministère de la Culture, base Mérimée — moulin de Bézard
- Ministère de la Culture, base Mérimée — moulin de l’habitation Murat
- Ministère de la Culture, base Mérimée — sucrerie Roussel-Trianon
- Conseil départemental de la Guadeloupe — habitation Murat, siège de l’écomusée
- Office de tourisme de Marie-Galante — histoire de l’île
- Office de tourisme de Marie-Galante — habitation Murat
- Office de tourisme de Marie-Galante — Belle Île en Sucre, moulin de Bézard
- Office de tourisme de Marie-Galante — habitation Roussel-Trianon
- Académie de Guadeloupe — l’habitation Murat, fiche ressources
- C. Schnakenbourg, « Recherches sur l’histoire de l’industrie sucrière à Marie-Galante », Bulletin de la Société d’histoire de la Guadeloupe, 1981
- M. Barbotin, « Les moulins de Marie-Galante », Bulletin de la Société d’histoire de la Guadeloupe, 1967
- DAAF Guadeloupe — recensement agricole 2020, Marie-Galante
- Itinéraire villa → habitation Murat (OpenStreetMap, OSRM)